BLUT AUS NORD

Memoria Vetusta III: Saturnian Poetry

On ne présente plus BLUT AUS NORD, formation de référence du BM hexagonal qui n'a cessé depuis sa formation de repousser les limites du genre. Chose plus rare, c'est aussi un groupe qui ne renie pas ses débuts et continue de l'entretenir d'une certaine manière, puisque chaque opus de la série Memoria Vetusta contient ce petit quelque chose du passé que les autres sorties n'ont pas. Cette série, prévue sur deux volets seulement, se voit agrémentée en 2014 d'un troisième volet, et il se pourrait même que cela ne soit pas le dernier...

De mon côté la série des Memoria Vetusta est bien la seule chose qui me maintienne accroché à la bête, ayant déjà du mal avec The Mystical Beast of Rebellion et ne comprenant plus rien à partir de The Work Which Transforms God. La série des 777 écoutée par curiosité m'avait laissé complètement de marbre. Autant vous dire que je ne m'attendais pas forcément à être conquis si facilement, et pourtant c'est bien ce qu'il s'est passé.

On note évidemment une évolution comparée aux MV précédents. Mais s'il y avait d'évidentes différences entre MV-I et MV-II, ici, la frontière est plus ténue qu'avec le précédent. En fait, il n'a pas ce côté glacial que pouvait avoir Dialogue with the Stars, l'album dégage une ambiance disons plus organique, plus rassurante. On retrouve en revanche tout ce qui fait le succès des MV, à savoir ces ponds aériens d'un dépaysement total (« Forhist » est un très bon exemple) mais aussi ce côté instinctif dans les mélodies, dans l'arrangement des titres. Certes, le contraste noirceur/douceur est moins prononcé que sur Fathers of the Icy Age  la page est de toute façon définitivement tournée de ce côté là  mais on retrouve ce petit grain qui faisait cruellement défaut aux sorties plus récentes, inutilement complexes à mon goût. Tout ici résonne avec évidence et fluidité, il n'est pas nécessaire d'être dans un état de concentration extrême, en être à sa 15ème écoute ou avoir un Bac+8 en musicologie pour cerner la richesse des titres, celle-ci s'impose d'elle même, très rapidement, et pour longtemps.

Tout est là en fait pour rassurer les fans de la première heure, à l'image des voix claires typiques du bonhomme, mêlées à ses grognements ténus, qui semblent inchangés avec les années. Comme à l'époque Vindsval arrive à maintenir une tension tout du long et à ne pas perdre de hauteur, chose remarquable et qui mérite d'être évidemment saluée. L'intensité est là du début à la fin, et quelle fin ! « Metaphor of the Moon » nous met dans un état de tension et de tourment adéquat pour la libération qu'est « Clarissima Mundi Lumina », final dantesque s'il en est, terrible montée en puissance qui rend toutes ces petites choses de la vie futiles et insignifiantes. Cela faisait longtemps que BLUT AUS NORD ne m'avait pas autant parlé et je ne dois pas être le seul. 

Un retour salutaire qui plaira évidemment aux inconditionnels du projet mais aussi à ceux qui préfèrent ce BAN plus évident, instinctif et organique des débuts. Une sortie moins expérimentale, plus traditionnelle et donc d'une certaine manière plus fédératrice, avec toujours ce supplément d'âme dont Vindsval a le secret. A ne pas louper cette année, évidemment.

par Blaise, le 25/11/2014

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