BETHLEHEM

Bethlehem

"Un retour aux sources pour BETHLEHEM". Tel est le leitmotiv affiché de ce huitième album homonyme — et non éponyme, terme souvent galvaudé à tort et à travers — coïncidant par ailleurs avec le quart de siècle d’existence du groupe. Pourtant, ma seule réaction fut une moue des plus dubitatives à cette annonce digne du programme de n’importe quel politicard…

En effet, ce n'est pas la première fois que les allemands nous font le coup de la nostalgie surannée, puisqu’en 2009 est paru ASacrificial Offering to the Kingdom of Heaven in a Cracked Dog's Ear, horribilante (il s’agit de la contraction d'horrible et d'horripilante que je viens d'inventer) ré-interprétation de S.U.I.Z.I.D. par Kvarforth (SHINING), symbolisant à lui seul les vingt années d'errements de BETHLEHEM entre expérimentations foireuses et délires pour gothopouffes. Comment un groupe dont le titre du premier album donna naissance au terme Dark Metal (la définition étant de mon point de vue trop vague pour que je le considère comme un genre à part entière) et sema les graines du black metal dépressif avec les deux opus suivants (Dictius te Necare en 1996 et S.U.I.Z.I.D. en 1998) a pu trainer autant de casseroles durant ces deux dernières décennies?

C'est donc avec une certaine méfiance que je jetais une oreille à ce disque et mes doutes se sont rapidement dissipés, car après écoute, on a l'impression d'être face à un disque sans âge et impossible à dater tant il aurait bien pu sortir après S.U.I.Z.I.D. ou comme si l’après 1998 jusqu'à ce Bethlehem n'avait jamais existé. Ces riffs de guitare écorchés, cette basse lancinante, ces nappes de synthé éthérées, cette atmosphère lugubre et cette ambiance black/doom, on retrouve ENFIN ce son BETHLEHEM qui nous avait manqué, mais ce disque ne serait finalement rien sans l'apport indéniable d'Onielar.

En effet, Jürgen Bartsch a eu l’idée géniale d'engager la vocaliste des non moins géniaux DARKENED NOCTURN SLAUGHTERCULT, chanteuse qui humilie à peu près 90% de ses homologues masculins de la scène black metal. Elle éructe, elle psalmodie, elle hurle, elle est tout simplement l'interprète idoine pour cet album et ce n’est pas elle qui se met au diapason de la musique, mais plutôt les instruments qui s'articulent autour de sa voix.

Disque maladif où la folie s'insémine lentement comme un poison dans les veines, Bethlehem est une remise en question inespérée et un retour en grâce salvateur dans une scène black metal dépressive parasitée par une horde d'éjaculateurs précoces. En espérant que certaines formations perdues pour la cause depuis des années s’en inspireront et que cela ne soit pas un coup d'éclat sans lendemain de la part de BETHLEHEM...


par Vilosophe, le 09/12/2016

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