BAPTISM

V : The Devil's Fire

Les amateurs de la scène finlandaise n’ont pas pu passer à côté de cette nouvelle sortie de BAPTISM, une référence du genre. Intégrité et intensité sont les premiers mots qui viennent à l’esprit lorsque l’on pense à la formation. Même la signature chez Season of Mist, qui a évidemment de quoi fâcher les fans sans concessions, n’a pas dû en faire reculer beaucoup tant la qualité s’est toujours trouvée chez BAPTISM, malgré cet adoucissement particulièrement marqué sur As the Darkness Enters. Pourtant, ça me fait mal de le souligner, mais il y a de quoi prendre ses distances avec ce nouvel album, et c’est le groupe le responsable, malheureusement.

Evacuons les malentendus : cet album n’est pas mauvais. Il fait même partie des plus travaillés et des plus fouillés du groupe ; chaque titre saura révéler de nouvelles choses à l’auditeur au fil des écoutes, aucun soucis de ce point de vue. Non, le vrai problème réside dans l’inspiration générale de l’album, clairement en-dessous de tout ce que le groupe a déjà produit. Le temps suffit à s’en rendre compte, car passé l’enthousiasme de la découverte, c’est une désagréable sensation de facilité qui nous envahit tout le long de l’écoute. Un manque général de passages poignants, une absence quasi-totale de sentiments haut placées, bref, rien de lourd à se mettre sous la dent. La voix est un peu sous-mixée, elle manque d’impact, les ajouts de riffs heavy et de voix claires sont souvent anecdotiques, ne poussant les titres ni vers le haut, ni vers le bas.

Reste donc une ambiance certes enivrante et éthérée, convaincante, mais qui peine à nous marquer durablement. Même les « refrains » sont sans impacts réels sur l’esprit. On peut saluer quelques prouesses comme sur les lancinants et saisissants « Abyss » et « Malignant Shadows ». On retrouve aussi ce grain si particulier qui en fait un album à la fois raw et accessible, comme le précédent, mais globalement, peu de morceaux sortent du lot. On s’en détourne donc assez vite, pour préférer finalement écouter un ancien album, et retrouver cette conviction inébranlable, qui semble ici faire défaut.

Une référence de la scène finlandaise qui, sans se trahir, perd un peu de sa splendeur, c’est dommage. Dans le même genre, préférez amplement PROFANE CONGREGATION ou 359 cette année, c’est de toute évidence supérieur. La jeune formation SARASTUS mérite aussi l’attention, tant qu’on y est. 

par Blaise, le 27/09/2016

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