AZAR

Izorane

L'un des très rares groupes de Black Metal algérien à être parvenu à enregistrer quelques titres avec les moyens (eux-mêmes très limités) du bord et les propager (certes de manière très limitée là encore) en dehors de sa patrie natale, le projet AZAR mérite une mention honorable ne serait-ce que pour la combativité lui étant nécessaire pour "survivre" dans des conditions relativement "hostiles". Izorane est la seconde démo enregistrée par Shashunq, unique maître à bord et également membre du groupe BACTOTAVAIY, proposant trois titres d'un Black mélodique aux fortes inclinaisons folkloriques, après une première offrande, Damya, qui ne proposait qu'une sorte d'ambient folklorique parsemé de maigres filets de guitare électrique aux sonorités très synthétiques et de touches électroniques. 

L'une des premières choses que l'on remarque en pressant la touche "play" est, malheureusement, que l'ensemble de cet opus semble avoir été enregistré à l'aide d'un simple micro de webcam... De quoi calmer les ardeurs des plus avides fans du Black Hateful Metal d'un VELES ! Et c'est vraiment très dommage, car les compositions, elles, sont plus que prometteuses. Après une succincte intro à la guitare clean qui nous plonge immédiatement dans l'ambiance, AZAR lance l'assaut avec le rapide "AVA", aux mélodies inspirées jouées en trémolo sur une tapisserie de blast-beats de boîte-à-rythme, et aux voix claires qui nous transportent dans les terres berbères sauvages. Son successeur "AWA" commence à un rythme plus modéré avant de partir lui aussi dans une frénésie de vitesse, pour être coupé par une section de leads évocateurs, avant de repartir de plus belle. Le morceau final, "UTWA ad UGMA" propose des riffs plus sombres avant de laisser des arpèges de clavier cristallin mener la marche vers la victoire ou la mort. La démonstration de force s'achève sur une autre courte pièce en son clair qui nous laisse digérer les hauts faits de la bataille à laquelle nous venons de participer. Une bataille qui eût été tellement plus satisfaisante si l'on ne s'était fait déchirer les tympans d'entrée de jeu par la production imbuvable, en particulier la qualité d'enregistrement des voix Black qui les fait sonner comme un morceau de verre brisé qu'on ferait glisser sur un tableau d'ardoise en forçant dessus de tout son poids.

Le projet de Shashunq mériterait réellement de se voir offrir l'occasion d'enregistrer un album complet dans des conditions décentes, au vu des excellents riffs et idées proposées ici. Malheureusement, il faudra sans doute attendre encore quelques années avant qu'une quelconque voie se découvre pour que la scène nord-africaine réalise son plein potentiel. Izorane reste malgré tout une brève promesse de grandeur qui vaut la peine qu'on s'y attarde si l'on est un tant soit peu curieux ou simplement passionné.

par W.Whateley, le 19/03/2012

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