AUTARCIE

Retour en crasse

Sûrement pour cause de fainéantise, mais lorsqu'un groupe sort un disque de black metal chanté en français avec des relents de nationalisme (ou non), il est généralement comparé à PESTE NOIRE. AUTARCIE n'échappe pas ainsi à cette analogie entre un premier album influencé par KPN (le joliment nommé S.I.D.A.) et un second opus sorti chez Le Mesnie Herlequin (Horizons funestes en 2011). Or, mis à part le fait de brandir haut et fort cette fierté du terroir et de la ruralité, le duo originaire de Besançon s'est depuis longtemps forgé une identité propre et ce Retour en crasse ne fait qu'absoudre un peu plus ce rapprochement.

En 2013, le groupe avait atteint des sommets avec le parfait Groupuscule et on était persuadé qu'il serait impossible de faire aussi bien. L'attente fut grande, presque autant que la surprise à l'écoute de ce nouveau disque puisqu'il se caractérise par une production claire aux antipodes du son lo-fi des précédents albums. Non pas dans le but de faire des œillades à la plèbe, mais ce choix s'avère judicieux, car il amplifie le message sans vergogne d'un AUTARCIE qui s'inscrit pleinement dans cette scène hexagonale revendiquant de plus en plus une imagerie régionaliste, nationaliste et identitaire. Anti et Nokturn partagent ainsi un point de vue sans concession de la situation actuelle de la nation, se voulant témoins cyniques et ironiques du déclin de cet empire urbain et décadent, évoquant avec nostalgie — certains diront traditionalisme — la splendeur de leur France d'antan et dont le sommet étant indéniablement le controversé "Lèpre d'Occident" (une thématique déjà présente avec le titre "Mon vieux pays" sur le précédent LP)

Certes, les propos suintent peut-être la haine, mais en aucun cas on ne peut douter de cette sincérité, une sincérité renforcée par ce don du riffing dont le groupe a le secret avec des compositions à la fois déchirantes et ravageuses, ne cabotinant aucunement et ne cherchant pas à vouloir sonner "différent". Par ailleurs, il n'est jamais aisé de chanter dans la langue de Molière, car avec la compréhension, certains mots peuvent prêter à sourire (alors que l'on fait souvent l'impasse sur la bêtise de beaucoup de textes en anglais), mais AUTARCIE s'en tire avec brio grâce à l'utilisation d'un langage "populo" ne versant ni dans la gaudriole, ni dans la prétention (on est parfois proche du Oï ou du RAC nationaliste).

Concis, Retour en crasse est sans esbroufe et il n'y a pas une minute en trop. C'est puissant comme un coup de poing américain dans ta tronche ou un coup de batte de baseball cloutée dans ton bide.

par Vilosophe, le 23/02/2016

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