ARYOS

Les Stigmates d'Hécate

Onze années se sont écoulées depuis le premier office longue durée des occultistes limousins, une décennie et des poussières qui n'ont fait qu'aiguiser l'appétit de la Bête ophidienne.

Ornés d'oeuvres graphiques du décidément très prolifique et talentueux Maxime Taccardi, Seth chapitres qu'on imagine volontiers composés à la seule lueur de bougies rituelles constituent l'ouvrage interdit, tout en riffs hypnotiques ronronnants, sous le feu lingual des litanies de l'Empereur Napharion, le tout ponctué, au premier et dernier chapitre, de touches électroniques du meilleur effet.

Sculpté dans des mid-tempos suffoquants, aidés par une production compacte et terreuse aux basses riches, aéré seulement par quelques accélérations extatiques, Les Stigmates d'Hécate, dépouillé des excentricités claviéristiques d'Aliltéas Gornnec et donc des longs intermèdes qui leur étaient dédiés, prend la forme d'un bloc métallique solide en comparaison des précédents travaux d'ARYOS, permettant ainsi de se focaliser sur les riffs et structures rythmiques déroutantes du groupe. Certains passages rappellent d'ailleurs avec bonheur les deux premiers brûlots de SAMAEL dans leur superbe lourdeur et leur odeur persistante de soufre !

Les coutumières invocations de naïades plus que probablement fort court vêtues font évidemment leur apparition, aux côtés de soli et de leads orientalisants, comme un charmeur de serpent ayant troqué sa flûte pour une guitare électrique. Des adjonctions stéroïdées de Death Metal vieille école pointent leur nez angulaire dans l'hymne éponyme et "Ra-Hoor-Khuit (Litanie)" pour alourdir encore l'ensemble, que l'introduction pensive de "Silicate Aluminium, Beryllium Chrome" vient éclaircir comme un dernier rayon de soleil s'éclipsant enfin derrière les pyramides de Gizeh. "Les Six Profanes", accrocheur en diable, vient enfoncer le clou avec son énergie Rock vicieuse et communicative, qui fait penser (involontairement sans le moindre doute) à certaines récentes propositions d'un PESTE NOIRE.

En conclusion, Les Stigmates d'Hécate est un fameux tour de force que beaucoup de nos lecteurs les plus élitistes gagneraient à laisser polluer leurs canaux audtifs, les genoux enfouis dans le sable brûlant sous le regard noble et impénétrable de Melek-Taus...

par W.Whateley, le 21/05/2015

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