ANTLERS

Beneath.Below.Behold

Né en 2015 avec un premier album signé chez Pest Productions, les saxons d’ANTLERS avaient alors réalisé un sans-faute avec un album en tous points excellents, qui ne pêchait qu’en raison d’une durée trop faible. Trois ans après, c’est sur un nouveau label qu’ils signent leur deuxième album. Si le style n’a pas beaucoup évolué, la réussite générale est en revanche bien inférieure.

En effet, on a encore une fois affaire à du Black atmosphérique et mélodique caractérisé par une patte lourde : il se dégage de cette musique une puissance réellement prenante, accentuée par une voix grave et profonde qui ne rentre pas dans les canons du Black Metal (sans aller vraiment dans ceux du Death, heureusement), mais qui sied bien au style. Le son chaud et clair accentue réellement cette impression, il s'agit donc ici de l'atout principal de la musique d'ANTLERS. Malgré l’intensité du rythme et des blasts très présents, il n’y a aucune brutalité, mais au contraire une subtilité marquée dans laquelle la mélodie parvient à s’extraire glorieusement sur certains passages. La construction musicale générale est assez simple : il manque de quelques aérations, mais rien de bien méchant.

Sur le plan formel, c’est plutôt très bien donc, mais côté rendu, si l'album démarre très bien avec le premier morceau (inspiré, puissant et mélodique, on a tout ce que le groupe faisait autrefois de très bien), la suite est bien moins réussie, avec quelques longueurs et des passages à vide (mais aussi de bons passages). Faute certainement à des voix claires (féminines et masculines) mal placées, qui alourdissent les structures musicales au lieu de les laisser s’envoler, et à plusieurs passages qui s’enferment dans une certaine linéarité mélodique qui manque clairement de relief et d’intérêt.

Ainsi, le style est là, personnel et fort, mais il n’est pas assez soutenu par la qualité mélodique qu’il mériterait, contrairement, encore une fois, au premier album. A noter un plus pour les passages instrumentaux, qui auraient mérité d’être intégrés dans les morceaux plutôt qu’exposés en simple interludes, mais encore une fois, c’est très secondaire.

Visuellement, le contraste est frappant : l’extérieur du digipack présente un visuel très particulier, bien plus proche du Rock prog ou des canons du Black expérimental et avant-gardiste, que du Black Metal. Ce côté naïf et charnel pourra plaire à certains, beaucoup moins à d’autres ! En tout cas, il contraste pleinement avec le petit livret huit pages glissé à l’intérieur, qui est plus dans la veine du premier album : tons marrons délavés, écriture stylisée et quelques éléments dessinés agréables. Dommage que tout ne soit pas de cet acabit ! L’ambiance quant à elle est toujours bien présente. La puissance et la lourdeur de leur musique et des atmosphères accompagnent bien le concept Nature exposé ici.

Voilà donc un bon album en soi, pas facile d'accès et qui demande plusieurs écoutes pour être correctement appréhendé. Cet album montre certes tout le potentiel d’un groupe qui reste une référence par son style, mais à il manque le rendu mélodique pour concurrencer le premier opus. C’est dommage !


par Baalberith, le 08/06/2018

D'autres albums de Black Metal atmospherique recommandés

EMPEROR - In The Nightside EclipseTHROES OF DAWN - Dreams Of The Black EarthTHROES OF DAWN - Binding Of The SpiritSETH - Les Blessures de L'AmeSETH - By Fire, Power Shall Be...ASTARTE - Rise From WithinASTARTE - Quod Superius, Sicut InferiusVORDVEN - Towards The Frozen StreamsTHYRFING - Valdr GalgaMORGUL - Lost In The Shadows GreyMORGUL - Parody Of The MassLUNAR AURORA - Ars Moriendi

D'autres albums d'ambiance Nature recommandés

LOTH - ApocrypheSUNKEN - DeparturePURE WRATH - Ascetic EventideSOLBRUD - VemodSOLBRUD - JaertegnCELTEFOG - Sounds of the Olden DaysAN AUTUMN FOR CRIPPLED CHILDREN - The Long GoodbyeSENTIMEN BELTZA  - PagopeanULVEGR - ArctogaiaAHAMKARA - The Embers of the StarsENISUM - Arpitanian LandsENISUM - Samoht Nara

Autres chroniques