AMON

The Worship

Tout commence avec une interprétation du Dies Irae tirée du chef-d'oeuvre d'Ingmar Bergman, Le Septième Sceau. Des coups de fouets, des plaintes, des pleurs. Puis c'est le chaos. L'une des plus cultes formations tchèques (connue le temps de cet album et de son prédécesseur sous le nom provocateur d'AMON GOETH, suite à quoi elle reprendra son nom d'origine) nous assaille avec les premiers accords de son chef-d'oeuvre bien à elle : The Worship. Album oublié (négligé ?) de la plupart de nos contemporains, il s'agit pourtant d'une authentique leçon en bottage de cul, et au passage pour les plus grincheux, d'originalité, sans perdre pour autant une miette de ladite authenticité.

Le style d'AMON sur cette galette est en effet difficile à qualifier, des influences Death et Black surtout, mais avec un feeling unique jamais imité à ce jour à ma connaissance. Les riffs de tueur côtoient les synthés kitsch et les passages clean atmosphériques. La répétition rencontre le groove idéal. Le Rock'n'Roll bouffe de la noirceur incendiaire et vomit des hymnes du genre qui font lever le poing comme sur la pochette, pour sans doute l'abattre sur la mâchoire du gaillard le plus proche dans une baston épique qu'on racontera encore une décennie plus tard dans les pubs alentour. Si Satan accueillait les damnés en Enfer avec cet album, les moins fiottes d'entre eux oublieraient un tant soit peu leur sort et headbangueraient furieusement. En trois mots comme en six-cent soixante-six, ce machin poutre. Du monstrueusement catchy "Confrontation" à l'étrangement folk "Black Professions", du 100% cuir "Hell's Angels" au final épique (et toujours un peu folk) "Judah's Priest", autant dire qu'on a de quoi faire cracher des dents à pas mal de malabars germanico-nordiques qui montrent un peu trop vite les muscles avec leur Black brutal à gros son à la chaine et autres intégristes mous-du-bulbe encore bloqués sur leurs imitations pauvrettes de DARKTHRONE. La production est par ailleurs sympathiquement old-school sans être dégueulasse, ce qui convient parfaitement à la situation.

Malheureusement, ce grand couillon de Cornu a tellement aimé ça qu'il rappella à lui la moitié du groupe quelques années plus tard dans un foutu accident de la route. Mais quel con, des fois. Quoiqu'il en soit, cela handicapera visiblement créativement l'acte qui ne saura plus en faire d'autres du même tonneau par la suite, malgré une certaine bonne volonté mais, semble-t-il, en délaissant à peu près tout ce qui faisait d'eux un truc unique.

par W.Whateley, le 31/01/2012

D'autres albums de Black Death Metal recommandés

BORGIA - Promo MMVIISEELENTOD - The Ageless DynastyCRADLE OF FILTH - The Principle Of Evil Made FleshTERRODROWN - Colonize And RegulateABIGOR - Channeling The Quintessence Of SatanTHULCANDRA - Under a Frozen SunLORD BELIAL - Enter The Moonlight GateLORD BELIAL - Unholy CrusadeVINTERLAND - Wings Of Sorrow  - Welcome My Last ChapiterDISSECTION - The SomberlainDISSECTION - Storm of the Light's BaneEVOHE - Tellus Mater

D'autres albums d'ambiance Satanique recommandés

ANGELSCOURGE - Seraph ImpalerRIENAUS - Saatanalle1349 - HellfireWATAIN - Casus LuciferiFÖRGJORD - UhripuuDARKTHRONE - Under a Funeral MoonGLORIOR BELLI - Sundown (The Flock That Welcomes)GORGOROTH - Under the Sign of HellOSCULUM INFAME - Axis of BloodPHLEGEIN - From the Land of DeathFALLAKR - LVCLUCIFERIAN RITES - When the Light Dies

Autres chroniques