AGALLOCH

The Serpent & the Sphere

En cette année 2014, AGALLOCH passe déjà pour un vétéran de la scène : presque 20 ans d'activité. Après le raté du dernier album, on était en droit de se poser des questions quant à la crédibilité musicale de la formation de l'Oregon, qui enchaîne depuis pas mal de temps les produits de seconde zone (ep non Black, vidéos, compilations et autres choses très utiles), mais qui n'est guère capable de produire de bons albums. Hélas, ce nouvel opus ne sera pas suffisant pour me faire changer d'avis...

A quoi avons-nous le droit cette fois-ci ?

Ma foi, rien de bien nouveau dans l'absolu : sur presque une heure de musique, le groupe développe très lentement ses mélodies dans des structures simples, à la fois lourdes et assez soporifiques, et toujours bourrées de guitare sèche. Au lieu d'être expressives et/ou dotées de bons breaks et d'inspiration, elles s'enfoncent dans une certaine banalité dont le but avoué est de créer une atmosphère, mais qui au final devient plutôt ennuyant qu'autre chose (à moins d'être vraiment super fan du style !). Il faudra vraiment tendre l'oreille pour reconnaître quelques qualités à cette musique, comme sur le 4e morceau. Les breaks atmosphériques emplis de guitare sèche sont du même acabit : au lieu de soutenir l'ambiance et de proposer quelque chose d'agréable et d'enivrant, ils s'enferment dans une redondance inefficace, contreproductive. Les structures sont d'ailleurs régulièrement cassées par un break totalement inintéressant, qui casse tout le travail de la construction musicale, et ne bénéficie d'aucun riff moteur.

Niveau technique, c'est mieux que l'album précédent où quelques pains étaient décelables. Bon, ça reste du AGALLOCH, donc l'accent n'est pas mis là-dessus, mais quelques passages plus fouillés apparaissent et l'ensemble reste bien maîtrisé. La voix quant à elle, toujours rocailleuse et bien adaptée au style, surnage dans l'ensemble de belle façon. C'est au moins ça, mais c'est loin de pouvoir compenser les insuffisances cuisantes du rendu musical.

Décidément, AGALLOCH a rejoint le panthéon des groupes dont le passé est indiscutablement derrière eux. Ce The Serpent & the Sphere n'est pas un bide, mais il reste trop creux et peu convaincant, trop mou et pas inspiré. On est loin de l'impact mélodique d'un The Mantle ou de la profondeur d'ambiance (éventuellement) d'un Ashes Against the Grain...

par Baalberith, le 01/07/2014

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