AGALLOCH

Marrow of the Spirit

4 ans après son 3e album, les Orégonais d'AGALLOCH reviennent avec un nouvel opus en l'honneur de la magnifique Nature de leur contrée forestière et enneigée. On a appris à aimer au fil des années leur musique, véritable étalon du bm naturaliste. Ce nouvel album n'est pourtant et hélas pas à la hauteur de nos espoirs et de leur talent...

L'œuvre commence comme une complainte, avec un violoncelle bien mélancolique qui met de suite dans l'ambiance par une belle forme de subtilité. On la retrouvera un peu plus loin et de manière différente dans le 4e morceau, avec de la guitare sèche. On pourrait croire alors que le groupe a gardé son talent pour créer de belles atmosphères, d'autant que le dernier morceau reprend comme sur le précédent album les tirades angoissantes d'une atmosphère sauvage. Mais ce n'est pas le cas. Pourquoi ?

AGALLOCH a en fait (et définitivement ?) adopté les titres longs et plutôt mélancoliques. Hormis l'intro, le plus long dépasse les 17 minutes et le plus court, approche les 10 minutes. Cela permettrait de mettre en forme une certaine ambiance bien atmosphérique, mais le groupe a cette fois-ci opté pour quelque chose de plus mélodique et plus « violent » que sur le précédent album. De cette musique s'échappent quelques rares et courts bons riffs (ex : sur le 2e morceau) et quelques passages agréables, mais les guitares sont souvent trop incisives et mises en avant (encore une fois le 2e morceau est un bon exemple), ce qui nuit à l'ambiance. Ces guitares sont d'ailleurs souvent mal jouées et irritantes. Autant Ashes Against the Grain offrait un univers froid et enivrant idéal ou presque, autant Marrow of the Spirit revient à une crédibilité conceptuelle encore inférieure à The Mantle qui reste pourtant à l'heure actuelle leur meilleur oeuvre (au moins musicalement). Du coup, la longueur des morceaux et les structures musicales elles-mêmes qui restent très marquées par le style plutôt atmo d'AGALLOCH deviennent un peu trop pauvres, même si elles restent assez variées dans l'absolu. Il existe bien quelques bons breaks (ex : au début du 3e morceau) et des morceaux plus crédibles question ambiance (ex : 4e ou 6e morceau), mais la sauce ne prend pas. Faute aussi à une inspiration assez terne : aucun titre n'a la saveur par exemple d'un "Not Unlike the Waves" sur le précédent album ou du très beau "A Desolation Song" sur The Mantle. Si on ne s'ennuie pas, l'ensemble laisse un peu trop de marbre le fan du genre.

Un album très décevant, qui n'est pas sans comporter des passages intéressants, mais presque invisibles. Il ne remplit pas son contrat, ne propose pas aux auditeurs la profondeur des mélodies, des sentiments et des atmosphères qu'ils étaient venus chercher.

par Baalberith, le 08/11/2010

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