AEQUINOCTIUM SANGUINIS

L'Arbre aux Esprits

Formé en 2011 sur les côtes vinicoles de la France occidentale par les guitaristes Ogmios et Ulfhednar, AEQUINOCTIUM SANGUINIS s’est montré relativement prolifique au point de vue des compositions puisqu’après un EP 6 titres sorti confidentiellement en 2013 les voilà de retour avec un mastodonte de 12 titres pour presque une heure de célébration skyclad, durée imposante représentant toujours un défi pour tout musicien qui se respecte.

La clairière choisit d’ouvrir ce premier sacrifice longue durée avec « Rite », très court exercice Black ritualiste rentrant dans le vif du sujet plutôt qu’une de ces habituelles introductions au synthé qui jalonnent la majorité des sorties. Agréable mise en bouche ! La majeure partie de l’album se construira ensuite autour de l’ordre des idées suivantes : des compositions énergiques, plutôt véloces, en tout cas très mélodiques, avec une allègre utilisation d’un palm muting nerveux pour ajouter de la tension dans les riffs et une cascade de leads, le tout accompagné quasi-constamment par les incantations de la sorcière Andrasta.

Pas exactement la formule gagnante aux oreilles de n’importe quel puriste, puisqu’on touche ici à un Black symphonique qui parlera sans doute davantage à l’amateur de BLIND GUARDIAN qu’à celui d’ILDJARN. Ce sont les fanatiques de GRAVEWORM ou de SIEBENBÜRGEN qui devraient ici trouver leur Sidh : production et exécution impeccables, ambiance épique quoique « propre » et un brin théâtrale, petites mélodies douceâtres comme s’il en pleuvait, voix féminines envahissantes, pour faire bref, le cauchemar de beaucoup dans un genre musical souvent plus proche du Punk épuré que du Prog Rock démonstratif !

Puisqu’ils nous sont partagés gracieusement à travers l’épais livret bariolé, intéressons-nous aux textes, qui quant à eux semblent traduire une approche plus wiccane du paganisme que ce qui est habituellement exploré dans l’imagerie Black Metal. Cette approche justifie d’ailleurs entièrement la présence de la voix d’Andrasta, l’insistance des dogmes gardneriens et de leurs dérivés sur le pouvoir du beau sexe n’étant plus à démontrer. Leur construction, elle, est assez classique, dans un style invocatoire typique (à la manière de DARK FUNERAL) plutôt que narratif ou poétique. L’anglais y domine malheureusement le français, dommage mais je suppose que ce doit être imputé à l’influence des Plantagenêt sur ces autrement affables bordelais.

On notera enfin un soin remarquable apporté à la présentation, riche sans tomber dans l’excès de l’objet, réalisée par le graphiste Branwen qui accompagne de la manière la plus appropriée l’offrande de photos colorées dont les sujets complimentent la thématique magique et naturelle du groupe.

Pour conclure, si vous avez lu ma chronique jusqu’ici, vous savez sans doute déjà si vous souhaitez ou non vous procurer ce billet pour la forêt de Brocéliande.

par W.Whateley, le 27/11/2015

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