ABSOLUTUS

Pugnare In Iis Quae Obtinere Non Possis

Suite à la parution de leur premier album, Ostendit Quam Nihil Sumus, en 2005, le groupe belge et liégeois ABSOLUTUS attendra dix ans avant de sortir leur deuxième album, Pugnare In Iis Quae Obtinere Non Possis, qui nous intéresse aujourd'hui. Et cet album sortira sur le label tout autant belge d'Abstruse Eerie Radiance. Malgré la parution, entre temps en 2007, d'un mini nommé Nihil Mahi Non Inest, ABSOLUTUS n'aura rien sorti durant près de huit années. Du temps d'Ostendit Quam Nihil Sumus, ABSOLUTUS nous jouait du Black Metal traditionnel. Mais qu'est-ce que les dix ans séparant ce dernier à Pugnare... auront apporté au groupe ?

Nous sommes en 2015 lorsque ce deuxième album sort. Parmi le visuel, essentiellement noir, même le CD parait noir. En ouvrant le livret, on ne retrouve que deux pages noires avec une phrase en anglais parlant de briser le refuge de l'inconscience. Pour renforcer ce côté froid, noir et aliénant, on peut voir, si on a une bonne vue, des genres de fissures sur les deux pages du livret. Sans oublier l'artwork représentant un être humain écrasé entre plusieurs blocs. Nous pouvons peut-être regretter que le visuel ne soit pas plus étoffé que ça, mais on peut déjà être sûr qu'ABSOLUTUS, dans son Black Metal, parlera de thèmes psychologiques et non pas juste satanistes. Et ça change, d'autant plus que tous les titres sont en latin.

Dés l'intro, "Abyssus Abyssum Invocat", ça change de ce qu'on a l'habitude d'entendre en Black Metal. Suite à une ouverture bruitiste proche de la musique industrielle, l'intro Dark Ambient nous plonge dans les méandres les plus noirs de notre subconscient. Par la suite, une guitare électrique ultra-saturée vient s'inviter. Et si je voulais comparer cette intro à une autre, ce serait à celle de DEATHSPELL OMEGA sur l'album Si Monumentum Requires, Circumspices. Elle est peut-être moins longue, mais elle fait son travail en nous emmenant dans l'ambiance et la thématique de l'album. Et la comparaison avec DEATHSPELL OMEGA ne s'arrête pas là. "Sunt Verba Et Voces Praetereaque Nihil", premier titre purement Black Metal, nous donnera du Black Orthodoxe jouant autant avec les dissonances qu'avec de sacrées mélodies au niveau des guitares. Le chant paraît lointain et donne un ton neutre et cruel. Un autre bon point, au niveau des instruments, c'est cette batterie, manipulée par un certain Jonas Sanders. Elle donne un rythme froid et semble calculer ses coups. "Sunt Verba Et Voces Praetereaque Nihil" sera l'un des titres phares de l'album. Mais de bons instants comme ce titre, vous en trouverez tout le long.

"Credo Quia Absurdum" et "Ego Sum Qui Sum" nous enfonce encore davantage dans cette ambiance psychologique, entre Black Orthodoxe, Dark Ambient et un peu Noise. Je m'arrêterai particulièrement sur le deuxième et son ouverture presque héroïque, même si on est loin du Black Pagan, par exemple. Ce dernier nous laisse contempler un coucher de soleil laissant arriver une nuit étoilée de mystères innombrables. Et ces mystères sont soulignés par ces chants diphoniques au milieu du titre en question. Cependant, pour le premier cité, mis à part l'ambiance déjà indiquée, ce dernier n'est pas aussi puissant qu'"Ego Sum Qui Sum" ou "Sunt Verba Et Voces Praetereaque Nihil". On n'y retrouve pas de moment fort. Mais ce sera le seul titre faible avec "Virgo Dei Genitrix", dernier titre Black Metal de l'album.

A côté d'"Abyssus Abyssum Invocat", on retrouve des interludes et une outro purement Dark Ambient. L'outro est la moins bonne, et il m'est déjà arrivé d'arrêter l'écoute avant qu'elle ne se termine, ce qui n'est pas le cas pour toutes les outro d'album. Mais, pour exemple, "Damnat Quod Non Intelligunt" est une bonne interlude, bien froide et enfonçant encore plus loin le clou dans notre psyché que le morceau qui le précède, "Ego Sum Qui Sum". Et que dire de "Decepimur Specie Recti" ? Ce Dark Ambient religieux avec des chœurs ne pouvant laisser l'auditeur indifférent aurait pu être conçu par un LUSTMORD. ABSOLUTUS se fait psychologique et compréhensif des pensées de l'être humain pour mieux enrôler ce dernier dans un culte interdit.

Mais le meilleur de l'album, ce n'est rien d'autre que le titre éponyme au milieu de la tracklist. Comment rester insensible à ce riff arrivant en même temps que ces hurlements ? Ce titre enchaîne d'autres très bons riffs sans que ça ne s'arrête pendant quatre minutes de plaisir. Si je ne devais garder que deux titres, ce serait celui-là en plus de "Sunt Verba Et Voces Praetereaque Nihil".

Pugnare In Iis Quae Obtinere Non Possis contient des titres moins mémorables que d'autres, mais peu d'albums peuvent se vanter de n'avoir en son sein que des tueries. ABSOLUTUS signe donc ici un retour dans un style différent du Black Metal traditionnel des débuts. Ici, nous naviguons dans un monde de Black Metal Orthodoxe à la croisée du Dark Ambient et quelques fois de la Noise et de l'Indus. A conseiller aux fans de DEATHSPELL OMEGA, de Black Orthodoxe en général et de croisement entre Black et Dark Ambient. ABSOLUTUS, c'est ce qui se fait de mieux en Black Orthodoxe belge, avec CULT OF ERINYES et ENTHRONED depuis Sovereigns, leur nouvel opus.

Le retour surprenant d'un très bon groupe belge.

par Gul Le Ricanant, le 20/07/2017

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