ABIGOR

Verwüstung / Invoke the Dark Age

Voici le premier assaut du groupe de Black Metal autrichien le plus connu. C'est aussi son album le plus organique et peut-être le plus inspiré et efficace, bref, celui à connaître. Dans une production qui pourrait paraître juste aujourd'hui, mais plutôt bien adaptée au style, ABIGOR nous livre plus de 42 minutes de musique inspirée qui sent bon le milieu des années 90 et la Norvège. Celle-ci n'a en effet rien de bien originale, mariant riffs bien black et nappes de clavier tout aussi classiques (mais bon, nous étions en 1994 !), mais ne prend pas une ride avec le temps.

Les apparitions bien marquées des synthés peuvent parfois paraître un peu puéril (cf. fin du 3e morceau), mais elle participe très bien à l'ambiance générale. De plus, ABIGOR dispose de plusieurs avantages décisifs. D'abord la voix. Forte et profonde, elle s'exprime pleinement au sein de cette musique et renforce les sensations de l'auditeur. Il suffit d'écouter le break du 7e morceau qui lui est consacré afin de s'en convaincre : comme une lame déchirant la nuit dans un écho presque éthéré, Silenius explore ici toute la beauté de son organe de brillante manière ! Ensuite, les structures sont bien maîtrisées grâce à des breaks assez récurrents et bien placés. Ils sont intelligemment utilisés et se révèlent être un atout pour la construction musicale de l'ensemble. Enfin, et c'est encore le principal, les compos sont globalement inspirées et génèrent des mélodies fort appréciables presque à chaque morceau, surtout grâce aux guitares, mais aussi aux claviers.

L'ambiance sombre est à ce sujet bien rendue. Desservie par un visuel en tous points mauvais (à l'image de la pochette ; le livret présente certes quelques beaux paysages en petit format d'images et une belle présentation des membres devant des ruines, mais pas d'homogénéisation et d'effort dans la globalité du visuel), elle s'installe pourtant parfaitement tout au long de l'album grâce à des structures musicales adaptées et un clavier bien utilisé. Notre esprit navige alors sans problème entre les ruines des anciens châteaux et le crépuscule.

Le meilleur d'ABIGOR, tout simplement !

par Baalberith, le 14/06/2012

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