A FOREST OF STARS

The Corpse Of Rebirth

Imaginez un paysage inquiétant photographié par un daguerréotype. Un joueur de violon solitaire à peine humain au fin fond d'un immense désert. Une forêt morte depuis plus d'un siècle.

A FOREST OF STARS, c'est un peu tout ça à la fois. Le jeune groupe britannique sort en 2008 son premier album auto-produit, The Corpse of Rebirth. Loin des habituelles imageries sataniques, le « gentleman's club », comme ils aiment à s'appeler, joue sur un aspect ancienne Angleterre, datant leur album de 1887, et le déclarant comme enregistré sur des cylindres phonographiques, pour une « fidélité sonore supérieure ». Plutôt original, et la musique en va de même.

Le groupe joue un black ambiant très lancinant, rappelant parfois DRUDKH ou WOLVES IN THE THRONE ROOM. Mais n'espérez pas pour autant retrouver les mêmes ambiances que sur ces deux groupes.

Cet album est très hétérogène, alternant des passages lents, plutôt atmosphériques, à d'autres parties beaucoup plus rapides et violentes. Les chansons sont très longues, faites de riffs assez simple, mais ne sombrent jamais dans l'ennuyeux. Des mélodies malsaines au violon, sorties d'un autre siècle, nous rappellent la thématique d'A FOREST OF STARS, qui est pour le coup très réussi ; on se sent plongé dans une atmosphère aujourd'hui inexistante, tellement éloignée de notre vie du XXIème siècle. Et pas pour autant rassurante. Les riffs distillés ont le chic pour mettre l'auditeur mal à l'aise, aidés par ce violon hallucinatoire et quelques flûtes hors du temps. La voix, quant à elle, semble toute droite sortie des tripes d'un malade mental. C'est une sorte de plainte constante, tantôt hargneuse, tantôt pleurnicharde, mais toujours convaincante. On croirait entendre un schizophrène crier depuis sa cellule d'asile psychiatrique. A tout cela s'ajoutent quelques parties assez hors de propos mais tellement plaisante, comme le duo flûte - basse de « Microcosm », le texte chanté par la demoiselle du groupe, Katheryne, sur le début de « Female », ou encore les passages de percussions sur « Earth & Matter ».

The Corpse of Rebirth n'est pas pour autant dénuée de défauts. Outre la production plutôt médiocre qui n'embêtera pas le black metalleux aguerri, ce premier jet d'A FOREST OF STARS est assez brouillon : les bons éléments fourmillent, mais sont trop peu organisés. Tout ça manque un peu de clarté et de mise en place des idées. De plus, le style pratiqué par le groupe n'est pas des plus faciles d'accès, et se révèlera sûrement très hermétique à certains.

Au final et malgré ses défauts, The Corpse of Rebirth saura plaire à un certain public, qui se laissera charmer par le très progressif et contemplatif « Microcosm » avec sa magnifique intro au violon, ou encore par le complètement malsain « Male », certainement la chanson la plus black metal de l'album.

par Jankowitch, le 14/06/2010

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