VIOLET COLD

Sommermorgen (Pt. I to III)

Suivre l’activité d’un groupe comme VIOLET COLD n’est pas chose aisée, parce qu’Emin Guliyev déborde de créativité. Cela implique deux conséquences majeures : une productivité digne du stakhanovisme le plus affirmé et une véritable passion pour l’ouverture musicale. Un petit retour en arrière très court est édifiant : durant l’année 2017, le one-man-band a sorti pas moins d’un album, un split (une compilation, bon là passons), un EP et un single. Et là, en cette année 2018, le groupe décide de pondre d’un seul coup trois albums complets en même temps ! D’autres groupes ont montré une surproduction comparable, mais aucun à ma connaissance n’évolue dans un style aussi ouvert musicalement et ne parvient à maintenir un tel niveau de qualité.

Pour cette chronique, je ne vais donc suivre la même logique que le groupe et faire une seule chronique pour les trois albums. Après tout, leur similitude générale ne justifie pas d’en faire trois.

En effet chaque album, d’une quarantaine de minutes environ, présente la même pochette mais d’une couleur différente (violette pour le premier, rouge pour le deuxième et gris pour le troisième), pour une musique assez homogène bien que non identique d’un album à l’autre. Il s’agit en effet d’une approche générale très atmosphérique, subtile et aérée, mais avec une attention particulière pour la mélodie suave.

Alors que le premier album est davantage calme, presque sirupeux diront certaines mauvaises langues, avec une approche typée post-black à tendance atmosphérique forte, le deuxième est un peu plus élaboré, plus électronique et flirtant parfois avec le symphonique. On est souvent très proche de certains classiques de la musique planante et on s’écarte donc franchement du Black Metal. Enfin le dernier album présente un Black Metal mélodique, et plus mélodique que Black, comme souvent avec VIOLET COLD.

A chaque fois, la maîtrise est là : Emin Guliyev est un excellent musicien qui touche à tout et toujours avec un talent peu commun. Après, on aime ou pas, telle est la question, mais on ne peut nier l’évidence. Les structures sont assez riches, sans l’être trop, ce qui deviendrait déstructurant et plongerait le groupe dans de l’avant-garde, ce qui n'est absolument pas le but. Une construction musicale variée domine, avec son lot de breaks et de rebondissements, toujours dans le respect de la fluidité et de l’efficience mélodique générale.

Un défaut notable pour l’ensemble malgré tout, qui lui coûte un demi-point dans la note : l’absence de voix. Certes VIOLET COLD a déjà choisi de suivre cette voie sur Magic Night, mais cet album présentait quand même une qualité d’inspiration un peu supérieure. Même si la qualité musicale est indéniablement de qualité sur l’ensemble des trois albums, les presque deux heures de musique risquent de lasser ceux qui ne sont pas fans du style.

Les autres reconnaîtront quant à eux qu’il s’agit d’un très bon produit d’ensemble, mais regretteront peut-être le manque de puissance et de violence, surtout comparé à un Desperate Dreams dans lequel l’azerbaidjanais avait clairement montré qu’il en était parfaitement capable. Au final, l’ajout de voix et de quelques changements notables de rythme aurait permis de booster réellement le rendu d’ensemble.

Il n’empêche que question ambiance, le concept mélancolique est largement exprimé ici dans chaque morceau ou presque, avec un univers très personnel et dénué d’accroche conceptuelle tangible, mais une implication parfaitement crédible.

Une œuvre longue et sans aucun doute intéressante, bien que clairement destinée à un public averti. Le manque de concision musicale, de voix et de relief sont des défauts évidents de cet ensemble musical qui, hélas, risque fort de rester au format d’œuvre uniquement digitale.

par Baalberith, le 26/05/2018

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