TODESSTOSS

Hirngemeer

Qu’on apprécie ou non, TODESSTOß ne laisse jamais personne indifférent. Ainsi, un détracteur résumera que la musique de Martin Lang est un capharnaüm mal enregistré auquel il faut rajouter une voix affreusement irritante. Pour ma part, j’adhère totalement à cet univers désespéré, à cette ode à la radicalité maladive qui n’est certainement pas à la portée de simples mortels comme vous.

On avait laissé l'Allemand en 2013 — suivi d'un hiatus musical d'une année, fait rare de sa part — avec deux excellentes sorties (le EP Heikäne Löwentötrin et le LP Unverweslich) qui malgré une approche légèrement plus avant-gardiste, avait toujours le don de nous proposer des riffs addictifs prompts à s’immiscer insidieusement dans la boite crânienne et ce nouvel opus utilise encore et toujours la même recette (en même temps pourquoi changer ?).

Il y a déjà la pochette assez énigmatique de Hirngemeer — car tel est son nom — qui interpelle, s’agissant de l’une des seules fois où l’une des créations originales de Lang n’est pas mise en avant (rappelons qu’il est également un artiste peintre vendant ses œuvres sur son site web). Composé de trois titres durant respectivement 28, 34 et 12 minutes, il est clair qu’il faut avoir du courage pour écouter ce disque.

Le premier titre, "Verwehung" est typiquement Todesstossien, tout en équilibre entre le grand-guignolesque et la démence avec ses rythmes saccadés et ses nappes de claviers atmosphériques. Certes, c'est toujours bricolé avec trois bouts de ficelle, le teuton n'a besoin d'aucun artifices afin de prouver qu'il est supérieur à la médiocrité ambiante. Less is more. "Narbenkaefig" se veut plus lancinant avec cette introduction funèbre à la basse et ses synthés spectraux s’enchainant vers un break de riffs de guitares écorchées. Il s'y dégage une ambiance délétère, Lang ne nous crache pas sa haine, il nous la dégueule en pleine face et ce morceau s'apparente à une longue et lente chute dans les tréfonds de son âme torturée.

L’album se conclut avec "Strom der Augenblicke", laissant les guitares quelque peu en retrait pour mettre en avant les synthés. Je trouve ce titre assez hypnotique et obsédant, presque "beau", avec ces psalmodies inhumaines et cette rythmique martiale.

Qu'on le veuille ou non, le black metal est une musique pour des élitistes, faite par des élitistes. Il est rassurant de voir qu'il existe encore dans la scène des personnages tels que Martin Lang ne cherchant aucunement à plaire à la plèbe. Hails.

par Vilosophe, le 08/12/2015

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