THE RUINS OF BEVERAST

Unlock The Shrine

THE RUINS OF BEVERAST est un one man band créé par Alexander von Meilenwald, connu pour être le batteur de feu NAGELFAR, groupe allemand des plus intéressants. A la suite de ce split, on pouvait penser que Meilenwald, déjà impliqué dans Graupel et Heemat, allait s'éloigner du style allemand si appréciable de NAGELFAR. La première démo de THE RUINS OF BEVERAST confirme d'ailleurs l'attachement à quelque chose de plus raw, même si au delà de la production pointait déjà le style de THE RUINS OF BEVERAST. Niveau production, elle est fort heureusement en adéquation, c'’est-à-dire très puissante, mettant bien en valeur la batterie, dont le rôle est primordial.

Style qui dès le départ est annoncé dans le livret : oppressive Black Metal. Il est vrai que ce sont des pleurs d'’homme qui font office d'introduction. L'ambiance est ainsi plus que prédominante, et donne lieu à un retour en arrière temporel. Car là où DIABOLICUM évoque les chemises blanches d'une folie post apocalyptique, THE RUINS OF BEVERAST renvoie plus à la première moitié du XXe siècle. "Unlock The Shrine" baigne dans une atmosphère martiale, industrielle, où plane également le spectre de la désolation. "Between Bronze Walls est en ce sens très explicite : en plus des pleurs susmentionnés, le tempo lent, les riffs lourds et pesants, les voix déclamées ou hurlées mais toujours douloureuses posent une chape de plomb sur l'auditeur. Voix excellente donc mais bien aidée en cela par quelques effets. Oppressant oui. L'apport de claviers très aériens ouvre un échappatoire et donne au final un sentiment double. Sentiment double qui se retrouve d'ailleurs dans le riff assez joyeux, tout en insouciance, du titre "Summer Decapitation Ritual".
Ambiance aussi dans les intermèdes souvent très glauques (mais aussi parfois plus martiaux, tel "Procession Of Pawns" ou "Subterranean Homicide Lamentation") qui séparent, ou plutôt lient, chaque titre. "Cellartunes" en est le parfait exemple, glauquissime.
Mais THE RUINS OF BEVERAST sait aussi se faire plus véloce, d'ailleurs le titre "Euphoria When The Bombs Fell" est une parfaite alliance entre violence militarisante (appuyée en plus par quelques samples de discours et clameurs, très guerriers), atmosphères très lourdes et là encore clavier et chœoeurs très planants. "Summer Decapitation Ritual" est un autre exemple, presque totalitaire : les chants de propagande encore une fois, ces quelques cuivres, le tempo, les riffs, tout résonne comme un quelconque défilé militaire. Mais ce sentiment d'oppression persiste. Oui, THE RUINS OF BEVERAST joue définitivement une musique totalitaire. Comment penser autrement à l’"écoute de "Subterranean Homicide Lamentation" ?
"The Clockhand's Groaning Circles" démontre si besoin est l'étonnante faculté qu'à Meilenwald de créer des ambiances angoissantes, à grand renfort de riffs qui renvoient aux groupes de Black les plus détachés du carcan habituel. On pense parfois à la dissonance d'un BLUT AUS NORD, mais encore une fois tout ici sonne plus industriel, plus délabré, plus répétitif à en devenir maladif. C’'est aussi vrai avec le morceau "Unlock The Shrine", même si celui-ci, dans sa seconde moitié, beaucoup plus rapide, beaucoup plus mélodique, évoque en plus sombre le groupe d’origine de Meilenwald, NAGELFAR. D’'ailleurs, l’'ombre de cet excellent groupe se perçoit de manière générale dans les riffs très inspirés de THE RUINS OF BEVERAST.
Le pinacle de cet aspect déshumanisé reste "The Mine" qui, avec des chants féminins naïfs et répétitifs, une voix claire lointaine et le souffle du vent, appuie cette impression d’'abandon total. Quelques percussions renforcent ce sentiment d’'endoctrinement, de marche à suivre, inscrit définitivement par une mélodie au clavier qui oeœuvre pour rassembler les êtres égarés. Le tempo peut s’accélérer au son d'’une corne de brume, jusqu'’au chant masculin de fin, pathétique chant de victoire. "White Abyss" en est la triste projection futuriste. Black Metal totalitaire encore une fois, annihilant toute volonté humaine.

Le livret est quant à lui plutôt pauvre : quelques photos de guillotine, de cadavres d'’animal ou d'’usine comme avant goût à cet album très intéressant, malheureusement sorti dans une quasi indifférence.

A posséder.

par Cweorth, le 28/03/2009

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