THE MEADS OF ASPHODEL

The Murder of Jesus The Jew

THE MEADS OF ASPHODEL n’est pas un groupe comme les autres. Depuis sa création en 1998, il a toujours introduit dans son black des éléments étonnants. On a toujours trouvé des apports de musiques et sons orientaux, voire de temps en temps des incrustations électro.

Cette description en a fait fuir plus d’un, d’autant que le look des membres est douteux : cuirasses, casques et bannières en tous genres... Moi aussi, ça m’a longtemps refroidi, mais une fois le pas franchi, j’ai tout de suite apprécié leur approche originale. Ils aiment les mélanges, mais le mélange intelligent, pas pour le fun. Même si le résultat n’est pas toujours heureux, leur musique est toujours réfléchie et travaillée. C’est un point commun très fort avec SIGH, aussi bien dans une sens positif que négatif !

Or, jusqu’à maintenant, le plaisir n’était pas total avec les Anglais. A chaque album, on applaudissait l’originalité, mais qui n’était pas plus géniale que ça. Le dernier en date, Damascus Steel, avait de bonnes mélodies, mais n’atteignait pas pour autant les sommets. 5 ans après, ils reviennent avec The Murder of Jesus the Jew, et le miracle est aussi grand que l’engrossement d’une vierge.

Certains groupes parviennent à faire un album culte en crachant ce que leur dicte leur âme et en improvisant presque, THE MEADS OF ASMODEL est à l’autre extrême. Un travail faramineux a été fait pour ces 12 titres racontant la vie de Jésus. Car c’est un album concept ! Aïe, un mot qui me fait peur. Depuis FURIA, j’ai toujours la crainte de retrouver une histoire de mongolito écrite en SMS !

Ici, non ! Metatron, également chargé des vocaux, a entrepris des recherches impressionnantes sur « l’homme fait Dieu », et il en a carrément écrit un essai fait de dizaines de pages et disponible sur la page Internet du groupe afin d’expliquer les paroles et le sens de chaque morceau. Des extraits de la Bible y sont ajoutés, afin de commenter telle ou telle opinion ou affirmation. Ce travail est monumental, et mérite déjà le plus grand respect. Ceux qui pensaient que le groupe faisait des bouffonneries en mélangeant les genres se sont trompés. Le groupe n’a rien de guignol et il est même très sérieux.

Rarement un concept n’a été poussé aussi loin, et les paroles sont extrêmement bien choisies. Quelle intelligence dans le choix des mots pour décrire la vie du crucifié ! Alliés à la musique, ils forment une excellente bande-son de 63 minutes sur la vie de Jésus. C’est « La Passion du Christ » devenue comédie musicale sombre et réaliste. Des bruitages viennent renforcer l’aspect tragique, comme sur « Genesis of Death ». Des corbeaux crient, le Christ se fait fouetter, puis crucifier. On entend alors les clous entrer dans sa chair et il hurle de douleur et implore : « Je ne suis pas le fils de Dieu ! Je ne suis pas le messie ! Pourquoi faites-vous ça ? Pourquoi ? ». On imagine très bien la scène et on est convaincu que les faits ont dû ressembler à ça au moment de placarder l'individu. 

Pour rendre le tout encore plus réussi, de nombreux guests font leur apparition. Ils s’avèrent tous nécessaires à l’action, apportant leur touche personnelle. Les vocaux de Hoest de TAAKE ou de Vincent Crowley de ACHERON sont haineux. Ceux de Christina Poupoutsi viennent ajouter une douceur magique au violent « My Psychotic Sand Deity ». Ceux de Will Banyard apportent de la plénitude à « Genesis of Death », très proche de GUNS’N ROSES sur sa fin.

Oui, ce groupe n’est pas black, mais c’est ainsi sur tout l’album. On passe du black au punk, au thrash, au heavy metal etc... Tout n’est certes pas excellent, mais chaque partie est logique, et s’embrique dans l’histoire qui nous est rapportée. L’introduction - pensée et jouée par Mirai Kawashima de SIGH et sa compère saxophoniste Dr. Mikannibal - est par exemple trop symphonique, rappelant plus MOI DIX MOIS que SIGH, mais elle amorce la grande pièce qui commence, le grand manège de la religion.

Dans un autre style, « Addicted to God » est un grand titre ! Pendant 3 minutes, il est agressif et rude, puis devient jazzy avant de tourner au QUEEN, version « Bohemian Rhapsody », au death brutal, et propose enfin une belle envolée.

« Man from Kerioth », qui signifie « l’homme de Kerioth », est une chanson interprétée par Judas (Iscariot, signifiant « de Kerioth »... Merci le site de THE MEADS OF ASPHODEL). Tout ce titre est très ironique avec un Judas volontairement décrit comme le vilain ultime : « Je suis Judas, un putain de menteur ! ». Bien sûr tout ça sur un air punk alcoolo biker.

Cet « album » est un aboutissement heureux d’années de travail et de recherches. Alors que la plupart des groupes sortent un chef d’oeuvre qu’ils n’arrivent plus à égaler par la suite, THE MEADS OF ASPHODEL a vécu le contraire. Il prouve enfin que sa musique avait un objectif autre que le divertissement. Il a réussi son coup en proposant une superbe pièce musicale !

par Sakrifiss
Le 04/12/2010

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