LUTOMYSL

Overcoming Babel

C'est une chose établie aujourd'hui que le one-man-band ukrainien LUTOMYSL nous gratifie régulièrement d'un nouvel album. A un rythme presque métronomique, le groupe enchaîne depuis 2002 les albums pleins. Aucune démo, aucun split, aucune compilation, aucun autre produit de ce genre. Juste des albums longue durée. Voilà une méthodologie que de nombreux groupes feraient bien de suivre plutôt que de se disperser dans des sorties inutiles ou partiellement utiles, à foison. Bref, 2012 est l'heure du huitième album du groupe et pour nous l'occasion d'en parler un peu...

Que les fans se rassurent : Pavel Shishkovskiy n'a pas changé son style d'un pouce. On a affaire encore une fois à du Black Metal très mélodique où les guitares sont bien les seules maîtresses à bord, servies par des structures musicales qui déballent sur 45 minutes de musique une construction musicale maîtrisée et simple, qui essaie de limiter toute linéarité. Dans cette musique assez nue, on ne retrouve aucune fioriture, hormis cette voix éraillée bien caractéristique du groupe. Et c'est peut-être justement cela le problème : depuis deux albums maintenant, on a un peu l'impression que rien ne ressemble plus à un album de LUTOMYSL, qu'un autre album de LUTOMYSL. Alors c'est assez bien fichu, il y a de bons passages, mais on finit par apprécier l'ensemble comme une valeur sûre, une « sécurité musicale », et non comme une œuvre réellement qualitative dans sa dynamique. L'inspiration est assez loin de celle que l'on pourrait retrouver sur un Catharsis ou un De Profundis. Oui, Overcoming Babel ressemble bien finalement au précédent album éponyme, avec tous ses défauts, mais aussi avec son manque d'inspiration. Les passages intéressants, dotés d'une mélodie vraiment intéressante, sont trop souvent avortés, pas assez bien exploités dans le morceau.

Un petit tour par le visuel. Ce serait bien dommage en effet de l'oublier tant il est beau ! Dans un ensemble gris-sale homogène, l'album bénéficie d'un support papier cartonné on ne peut plus judicieux. Celui-ci est parsemé de dessins crayonnés qui offrent à la fois une qualité visuelle certaine, une intégrité intéressante et un lien logique avec le concept cosmique tournant autour je suppose de la déchéance et de l'humanité (les paroles entièrement en ukrainien auraient du mal à nous éclairer correctement). On a un peu l'impression d'avoir sous la main un visuel d'ELUVEITIE, une des meilleures références dans le domaine, et il n'y a que l'importance du boulot qui les partagerait. Rien que pour cela l'album mériterait d'être acheté ! Après, avec le style élaboré ici, il serait difficile de trouver trace du concept dans la musique, même si la voix particulière de Pavel Shishkovskiy est un avantage sur ce point.

Voilà donc un nouvel album qui ne ment pas à son public sans arriver à renouer avec l'inspiration des anciens albums du groupe : c'est agréable pour le fan, mais les autres risquent de rester sur leur faim !

par Baalberith
Le 19/02/2013

Votre note

Vous devez être connecté pour discuter de cette chronique sur le forum.

   

Commentaires

Vous devez être connecté pour discuter de cette chronique sur le forum.

   

Evolution des notes du groupe

D'autres albums de Black Metal melodique recommandés

THROES OF DAWN - PakkasherraWINDIR - ArntorWINDIR - 1184WINDIR - LikferdGRAVEWORM - When Daylight's GoneCATAMENIA - EshkataCATAMENIA - Chaos BornMEPHISTOPHELES - Songs Of The Desolate OnesDAWN - Slaughtersun - Crown of the TriarchyALGHAZANTH - Thy Aeons Envenomed SanityTHY PRIMORDIAL - Where Only The Seasons Mark The Path Of TimeNEGATOR - Old Black

D'autres albums d'ambiance Cosmique recommandés

PLANETSHINE - Way to NowhereORANSSI PAZUZU - ValonieluIN LUNA - Forgotten LivesMESARTHIM - PillarsMESARTHIM - IsolateVARGNATT - GrausammlerHARAKIRI FOR THE SKY - AokigaharaBLÅKULLA  - Darkened by an Occult WisdomCOSMIC CHURCH - YlistysSOLSTAFIR - KöldFRIGORIS - Nur ein Moment...DER WEG EINER FREIHEIT - Unstille

Partager cette chronique

Autres chroniques