HEOL TELWEN

An Deiz Ruz

A l'heure où la mode du pagan-folk-metal bat son plein parmis les plus récents adeptes du metal, il fait plaisir de voir un album "enraciné" dans une culture, sans donner dans le cliché du casque à corne et de la bière à la main.
Il faut reconnaitre qu'il est bien rare qu'on puisse dire que la "province" déteigne sur la capitale, bien malheureusement. Et pourtant, et pourtant les Parisiens de HEOL TELWEN se sont imprégnés des culture bretonne, et pas à moitié, ils ne se sont pas limité aux clichés mais ont été loin dans leur démarche. Loin au point que je doute que la moitié de mes pairs (Bretons bien sûr) soit aussi calée sur la culture bretonne que ces Parisiens-là!
Musicalement, on est en plein dans le pagan-folk (Black) metal, avec les instruments celtiques traditionnels qui vont avec (harpe celtique, Bodhran, flûte irlandaise, bombarde), parfois dans des passages purement folk (comme la magnifique intro du titre éponyme), mais la majeure partie du temps intégrés dans l'ensemble metal. Dans les deux cas ça passe très bien, c'est très réussi, aussi bien, voire mieux, que chez les pointures du genre, CRUACHAN, qui semblent d'ailleurs une influence majeure de HEOL TELWEN.
Le "corps" metal de l'album passe de riffs black à des riffs plus thrash, rendant les compositions dynamiques, nerveuses, sans pour autant céder à la facilité du "je joue des riffs pourris et je cache la misère à coup de biniou": les parties purement black sont tout à fait "crédibles" prises à part, même si ce n'est pas l'objectif du genre. Les vocaux alternent entre chant black, "coeurs païens" et se risquent même au kan-a-diskan en y tirant leur épingle du jeu!
En terme de thématique, comme je le disais plus haut, on est pas dans le cliché "Astérix", mais clairement dans l'exploration de la culture bretonne et celtique (les titres des morceaux sont tous en bretons, même si seul "an deiz ruz" est écrit en breton: et pour cause, c'est tiré d'un poême en breton " La Prophétie De Gwenc'hlan" qui a également été utilisé par Alan Stivel). On y parle de la ville d'Ys et de la belle Dahud, des poulpiquets, de la déesse gauloise Epona, de la pierre Lia Fail qui désignait le haut roi d'Irlande et, forcément , de la samain...
Et si la cover est magnifique, l'artwork manque par contre légèrement de fluidité, néanmoins il reste complêtement dans l'esprit païen/celtique avec son aspect sylvestre.
En tout cas voilà donc une pièce maitresse de pagan metal, que tout amateur sincère du genre se doit de posséder, d'autant plus s'il est intéréssé par la culture bretonne ou celte en général.

NB: cet album est sorti depuis pas mal d'années déjà (2005), et vient de faire l'objet d'une réédition, à se procurer auprès du groupe.

par Necrowarrior
Le 18/08/2011

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