GRAUPEL

Am Pranger...

 J’ai de vieux souvenirs des années 90 et de « camarades » de lycée puis d’université qui éprouvaient peut-être un besoin de sympathiser ou qui ne savaient pas dire non à leur curiosité, et qui demandaient avec un sourire niais, quel était le nom de groupe écrit sur un t-shirt ou encore le style de musique pratiquée. Tout le monde a connu cette situation et l’hésitation de répondre sérieusement. Quelle est la probabilité pour que cette discussion nous apporte quelque chose ?
 On peut imaginer être en face d’un metalleux, pourquoi pas un fan de black, et alors ? Ça nous fera un meilleur copain pour nos sorties en corpse paint ? Je n’ai jamais été adepte des rapports trop proches et conviviaux, surtout concernant la musique, donc non merci.
 De toute façon, la probabilité est trop faible, et on est presque sûr que l’autre en face se fout bien de la réponse. Il demandera bien d’écouter un morceau pour avoir une idée de ce que c’est, et là, même s’il vaut mieux dire « Ah oui, mais là j’ai rien sous la main », je ne sais pas pourquoi, il ya quelque chose qui pousse à faire découvrir. Ça peut être l’envie de partage, mais parfois pour le plaisir de voir un visage se décomposer face à un style qu’il ne saisit pas.
 Le choix du groupe à faire écouter est alors compliqué. 
 Si l’on se sent l’âme d’un rédacteur du « BM pour les Nuls », on choisira peut-être un des « gros » du BM comme DARKTHRONE, MAYHEM, IMMORTAL ou BURZUM, mais vu que ces noms circulent, on risque d’avoir une réaction bien désagréable du style : « Ah ouais, j’ai déjà entendu parler de ça ! Mon cousin Kevin a ça sur son ordi ».
 Attention aussi à ne pas choisir un groupe trop brutal, trop sympho, trop folklorique ou trop je-ne-sais-quoi, parce que ça entraine des questions chiantes et des réponses à la Pignon expliquant le nombre de pots de colle nécessaires pour finir sa Tour Eiffel en allumettes : « Dans le black, il y a des sous-genres, dont certains qui utilisent des vocaux presque pleurés : c’est le dépressif. Ensuite, on a blah blah blah... ». Bref, l’invitation au dîner de cons ne tardera pas.
 Non, ce qu’il faut, c’est GRAUPEL. Un groupe qu’il ne peut pas connaître, et qui lui fera sentir dès les 20 premières secondes que cette musique ne rigole pas. 20 secondes qui seront suffisantes pour qu’il enlève le casque : « Ah oui, quand même ! » ou « C’est pas pour moi ». Il faut dfire que cet album débute sur les chapeaux de roue et qu’il n’essaie sûrement pas d’amadouer les petits nouveaux. Adorer le black en découvrant « Daemonicum », on pourrait appeler ça une révélation.
GRAUPEL montre ce visage extrème sur la plupart des titres, mais sait aussi nuancer. Les deux premiers titres des Allemands viennent trifouiller les tripes et font un sacré ménage. Pareil pour le dernier, « Ekel », qui là encore mise tout sur un black cru, emporté par une puissance faisant honneur à la scène germanique. Si ça peut aider à comprendre les ambiances, réécouter du vieux BEHEMOTH et remixez-les à la sauce NEGATOR. C’est sans concession, mais bien joué et assez varié pour être excellent. Le chant en allemand vient aussi ajouter de l'agressivité.
Les autres deviennent plus nuancés. « Scharze Feder » et « Herkunfte Schatten » intègrent d’autres éléments comme quelques notes de guitare sèche qui font écho à de vieux SATYRICON, ainsi que des vocaux différents, plus torturés que haineux. Ils ne durent pas trop longtemps, et apportent une touche malsaine nécessaire pour renouveller l’ambiance et l’intérêt de l’album. Et c’est surtout « Kalte Fessel » qui est le plus varié, tout en restant old school bien entendu. Des changements de rythme bien négociés, avec une accélération démoniaque à la 4ème minute, marquante grâce à une batterie ayant des airs de 1349. Il s’en suit un break pesant, où des rires occultes résonnent puis la machine qui repart pour nous achever.
Une outro de 7 minutes, composés de raisonnements abyssaux clôt ce très bon deuxième essai qui n’a pas de gros défaut. « Ekel » est un peu en-dessous, trop linéaire et ne venant pas nous assommer comme les autres titres, mais cela n’enlève rien à la qualité globale. S’il n’est pas indispensable dans un bestof de tous les temps, il l’est pour celui de 2010.
http://www.myspace.com/graupel666

par Sakrifiss, le 09/05/2011

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