ENSLAVED

Axioma Ethica Odini

ENSLAVED continue sur sa lancée après Ruun et une intermède live parue en 2008 (Live at Hard Rock Festival). Deux ans après, qu’en est-il de cet Enslaved version 2010 ? La recette n’a pas changé et ne choquera personne ayant suivit l’évolution du groupe depuis le début des années 2000. A savoir : un mélange de black metal et d’influences « rock » progressif typé années 70. On pourrait en quelque sort classer Vertebrae, Ruun et donc Axioma Ethica Odini dans la même "période" pour le groupe.   

Quoi de neuf donc ? Un mixage signé Jens Borgen qui donne un son très "metal" (clair, distinct, puissant, aérien) mais néanmoins appréciable étant donné la musique proposée par ENSLAVED. Une batterie revigorée, les grunts de Grutle qui font leur retour en force et en hargne, une puissance retrouvée (surtout par rapport à Vertebrae, qui heureusement reste une vaporeuse parenthèse), et beaucoup, beaucoup de voix claire. Et c'est sur ce dernier point que se focaliseront mes principales réserves concernant cet album. Au niveau de la durée, on en a pour notre argent avec 58 minutes de musique et 9 pistes, toutes entre 6 et 8 minutes excepté une interlude. 

Comme je l'ai déjà dit sur une chronique précédente, le rapprochement avec OPETH peut ne pas faire plaisir, il est malheureusement inévitable. La piste d’ouverture, "Ethica Odini", donne d’ailleurs dans ses premières minutes l’impression d’une resucée du riff d'ouverture d’"April Ethereal" d'OPETH (My Arms Your Hearse - 1998). C'est une bien mauvaise façon, selon moi, d'ouvrir l'album. Et évidemment, lorsque la voix claire arrive, on se dit que c'est vraiment abusé cette manière de chanter. Je crois que ce qui m’exaspère le plus dans cette mouvance musicale (metal / prog '70s), au niveau du chant, est cette manière de susurrer du bout des lèvres en prenant des précautions maniérées. La voix claire d’accord, mais qu’est ce que c’est que cette manière de susurrer bordel ! On dirait que le gars a un buvard dans la bouche ou qu’il a peur de déranger : même un chanteur de heavy metal susurre moins, c'est dire.  Les derniers 1’30 de la chanson viennent heureusement la sauver mais c’est assez peu pour une piste qui frise les 8 minutes.

Les pistes s'enchaînent, et on passe un bon moment même si peu de passages restent immédiatement dans la tête, on se laisse porter en étant plus ou moins en terrain connu. Il faut laisser un peu de temps, et au fil des écoutes, on arrive tout même à identifier des moments forts de l'album (la fin d'"Ehitca Odini", "Giants", "Night Sight"), et on se rend compte que l'album est très homogène, et s'écoute assez facilement plusieurs fois d'affilée. Alors certes, il manque peut être une piste démentielle et véritablement marquante, mais l'album est au moins d'une qualité à peu près égale tout du long. La principale surprise pour moi reste le début de "Night Sight", qui peut faire froncer les sourcils (OPETH, encore). 

Finalement ma critique est plus ou moins la même que lors des deux précédents épisodes (Vertebrae, Ruun) : la production est excellente, le mélange est certes agréable et fort bien réalisé, mais qu’est ce qu’on s’emmerde. Peut être que je suis moins intéressé également, ou que la lassitude se fait sentir, mais pour un groupe sensé innover, force est de constater que les trois derniers albums sont assez semblables à ce niveau là. On me reprochera sûrement de ne pas réussir à saisir la complexité intrinsèque ou la transcendante beauté des circonvolutions des pistes, mais bon, je me fais chier je n'y peux rien, et beaucoup des passages en voix claire m'horripilent. 

Enfin ne boudons pas notre plaisir, si on compare juste à Vertebrae, il y a beaucoup de positif au niveau du retour d'une certaine hargne dans les pistes. Au niveau du concept, je ne m'étendrais pas puisqu'on est encore dans le classique (pour ENSLAVED du moins) mi-philosophie mi-mythologie nordique : l’album aurait pu s’appeler Theologia Moralis Loki ou encore Tekhne Logike Baldr que ça n'aurait rien changé. (Bon je suis un peu dur, le titre lui-même a à voir avec le Hàvàmàl, dont Ethica Odini est le titre anglais).

En bref si les voix claires susurrées ne vous rebutent pas, vous apprécierez !

par obsoletedream
Le 27/09/2016

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