ANOREXIA NERVOSA

Drudenhaus

Voilà l’un des tous meilleurs albums jamais réalisés, à mon sens, dans le Black Metal ! Tout y est absolument parfait, ou presque...

Un chapeau bas notamment pour la production et le mixage : pas trop nickel pour éviter la stérilité, pas trop mauvaise pour tout bien comprendre ; tous les instruments sont mis à la même hauteur, ce qui ajoute au sens important de sa complexité. Car en effet, il s’agit bien d’un des albums les plus complexes qui soit, avec un clavier dont l'exécution est à la fois très bonne et abouti, autant au niveau de la symphonie que de la dextérité proprement dite. La complexité musicale qui en ressort est exemplaire. Les guitares suivent sans problème son exécution, tout comme la batterie : un de leurs talents dans cette symbiose est d'avoir su maintenir une telle présence de synthé, sans pour autant reléguer les guitares au second rang. C'est très dense, très riche et très complexe : rien à dire, car la maîtrise est parfaite et l'effet excellent ! De plus, c'est un excellent exemple de structure aboutie, variée et très symphonique, avec des breaks bien présents et transitions agréables. On ne peut que regretter l'absence d'introduction et de conclusion, mais c’est tellement bien fichu que l’on serait quand même bien méchant de s’en inquiéter ! Quant à la voix, elle est peut-être un peu étrange en premier abord, mais elle s'adapte très bien au style torturé et flamboyant et elle est assez polyvalente donc elle est toute pardonnée. Comme elle a de la haine à revendre et que l’émotion qu'elle traduit est à la fois subtile et très bien calquée sur les différentes ambiances, tout au long de l’album, on l'adopte finalement sans trop de problème. Un peu de piano et des voix claires pour saupoudrer le tout, et quel tout ! Il s’agit de très bonnes compos soutenues par une violence constante et un changement de rythme très régulier. On ne se lasse pas mais plusieurs écoutes sont indispensables pour tout assimiler, en effet, nous avons affaire à une musique extrêmement intense et violente (dans le style du Red Jewel de TARTAROS en bien plus violent, et avec la grandeur d’un PENUMBRA deuxième génération) qui ne se laisse pas apprivoiser facilement.

Le visuel est très gothique, présentant dans une homogénéité doré et feu d'orange et de jaune, les galeries d'un magnifique château des XVIIe/XVIIIe siècle et quelques scènes de batailles. Les couleurs judicieusement choisies ajoutent un aspect un peu chaotique au gothique du château (entre le luxe d'un Versailles ténébreux et la froideur d'un donjon) : bon boulot ! Le livret est d'ailleurs bien complet, il manque juste d'un peu d'efficacité qui aurait pu résider dans un peu plus de sobriété visuelle. L'ambiance qui en découle est excellente : on y croit du début à la fin de l'album grâce à un concept gothique flamboyant magnifiquement rendu !

Voilà donc un monumental album qui se hisse facilement tout en haut de la scène Black Metal française : chef-d'oeuvre !

par Baalberith, le 20/05/2012

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Commentaires

Le 30/08/2016 à 10:08:57

Personnellement j'en suis resté là. Rien de ce que le groupe a fait ensuite n'égale celui ci en terme de violence, d'impulsivité, de puissance.



Seul le livret est médiocre (mais vraiment médiocre), mais devant un tel album c'est presque anecdotique.

Le 28/08/2016 à 18:08:19

Avec Drudenhaus, ANOREXIA NERVOSA a tout simplement sorti l'un des meilleurs albums de black sympho jamais enregistrés.Hreidmarr et ses compères ont ainsi redéfini un nouveau standard en la matière ; là où le black symphonique était jusqu'alors davantage majestueux que violent, davantage épique que haineux, ANOREXIA NERVOSA avec cet album sorti en 2000 a démontré que le black symphonique aussi pouvait être hystérique, violent et haineux.Cette hystérie qui se dégage des compos, cette folie qui émane du chant si particulier de Hreidmarr, cette richesse des claviers qui emportent tout sur leur passage, font de Drudenhaus un album unique, intemporel, qui restera sans doute comme une pierre angulaire du black symphonique.Qui ose encore prétendre que les claviers amolissent le black metal ? Certainement des personnes qui n'ont jamais écouté ce brûlot de haine et d'hystérie !!Avec Drudenhaus, le black symhonique a atteint des sommets ; les albums suivants d'ANOREXIA ne parviendront malheureusement pas à garder la flamme, la fougue de ce presque premier album (tant le véritable premier album semble émaner d'un autre groupe). Ce seront certes de bons albums, de très bons albums même, mais il leur manquera toujours cette spontanéité, cette hystérie, propres à Drudenhaus.Un chef d'oeuvre donc, peut-être l'un des derniers du genre, tant les années 2000 peuvent, avec le recul, être considérées comme étant des années de déclin du black symphonique.

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