ABIGOR
Channeling The Quintessence Of Satan

Données

  1. Format : CD
  2. Genre : Black Death Metal
  3. Concept : Indefinissable
  4. Annee : 1999
  5. Label : Napalm Records
  6. Pays : Autriche

Notes

  1. Travail Musical : 5/5
  2. Ambiance : 3/5
  3. Visuel : 3/5
  4. 2

Chronique par Baalberith
Cet album présente Abigor plus que jamais sur le manège de la technique. C'est époustouflant pour ce qui est des guitares : il y a au moins 100.000 notes dans les partitions... Que de travail !!
Malheureusement, le rendu est encore bien mis en retrait : il est bien loi le temps des premiers albums !
Question production, c'est très bien (heureusement si l'on veut tout comprendre !). A noter un dernier morceau volontairement mal enregistré pour le rendu.
La structure d'ensemble est très proche de Supreme Immortal Art en moins complexe. C'est quand même bien plus structuré que les autres albums de direct...
Une belle pochette (gravure) et une cover très homogène qui suit l'exemple : comment faire du bon boulot avec un travail pas si important et peu complexe en visuel... Belle cover de sieur Dürer, mais alors rien ne se ressent sur la musique, normal vu le style...
Silenius a quitté le groupe et est remplacé par Thurisaz (déjà avec Protector sur Heidenreich). Il n'est pas mauvais, mais bon c'est pas notre bon Silenius, qui se consacre entièrement à Summoning à présent.
Comme l'a dit Protector, Abigor se doit d'être très technique, certes, mais cela s'est fait au détriment des compos et de la musique qui faisait ce groupe.
Après Supreme Immortal, on attendait le retour en force d'Abigor et c'est...apparemment bel et bien fini !
Contre-chronique par Advodia
Notes :
  1. Travail Musical : 5/5
  2. Ambiance : 5/5
  3. Visuel : 45/5
  4. 2

ABIGOR est un groupe qui n'a pas cessé d'évoluer. A chaque nouvelle sortie, le groupe a opéré des changements notables, souvent désarçonnants pour l'auditeur. Channeling the Quintessence of Satan, successeur de Supreme Immortal Art, apparaît dans une période particulière de l'évolution des groupes fondateurs.

Après avoir passablement évolué, ils ont dû reconfigurer leur identité suite au débat sur leur intégrité (trve/untrve). C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre cet album : il est un compromis audacieux entre la brutalité ravivée du black metal originel et un bond en avant technique, qualitatif et stylistique.

Le black/death à tendance vaguement indus qui est développé dans CTQOS poursuit le saut évolutif entrepris sur Supreme Immortal Art. Il reste cependant foncièrement black du fait du jeu de guitare et de la batterie. Les nombreux changements de rythmes et autres breaks rompent toute linéarité entre les riffs et expliquent l'ajout du qualificatif 'death'.

Comme sur Fractal Possession, on regrette les vocaux de Silenius. Des vocaux distants, plus vulgaires, plus insipides, moins soignés et moins puissants remplacent ceux du vocaliste de Summoning. Les synthés et autres effets sont cantonnés dans les intros, breaks ou outros. Ils introduisent une esthétique sombre, froide et industrielle.
Les riffs et leur architecture sont très complexes. On a typiquement affaire au minimum à 2 voix de guitares et à l'intervention d'un basse discrète. Le jeu de guitare va des palms mutes les plus graves aux tremolos picking les plus stridents. Le tout évolue, contrasté, entre des boucles obsédantes, nimbées d'une dissonance morbide et la pompe d'éphémères mouvements harmonieux. Le son est très métallique et développe une vibration d'ensemble typiquement black, massive et souvent malsaine.

Le jeu de batterie impressionne. Rapide, fluide, riche de finesses, il alterne des passages de blast beats purement black avec des enchaînements subtiles et autres rythmes syncopés plutôt death.
La cohésion de l'ensemble titille une perfection organique.

L'impression qui ressort de l'écoute de cet album est celle d'écrasement. CTQOS submerge l'auditeur par sa puissance, l'agressivité du son, la complexité de ses mélodies, la variété de ses harmonies, la rapidité de ses tempos et l'imprévisibilité d'arrangements finalement forts logiques. Sous tous rapports, cet opus cultive l'excès. L'ambiance développée est malsaine, obsessionnellement agressive, chthonienne, sale, obscure, inhumaine, morbide, autistique et abstraite. La thématique de la "torture mentale", chère à Abigor, atteint ici l'apogée de son développement. L'auditeur, aliéné, est emporté, entre fascination et dégoût, par quelque chose qui le dépasse.

Rarement on aura commis un album de black aussi malsain, puissant, riche et sophistiqué. Tel un Supreme Immortal Art dont le fantastique se serait mué en horreur, CTQOS tranche avec le reste de la discographie. Il est largement sous-évalué, comme tout l'oeuvre du groupe Autrichien. Peut-être est-ce parce que l'écoute en est exigeante et le style particulier?

Un album monstrueux, que seules des écoutes assidues permettront de conquérir.

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