
Données
- Format : CD
- Genre : Black Metal avant-gardiste
- Concept : Paien
- Annee : 2008
- Label : Indie Recordings
- Pays : Norvège
Notes
- Travail Musical : 4/5
- Ambiance : 1.5/5
- Visuel : 0/5

Chronique par ObsoleteDream |
Comme nous disait Baudelaire : « Créer un poncif, c'est le génie. Je dois créer un poncif » (Fusées, Œuvres complètes, p.1260). Qui a créé le poncif du metal extrême mâtiné de rock progressif ? OPETH ? ENSLAVED ? FLEURETY ? D'autres ? Je ne me risquerai pas à répondre, en tout cas, si la création d'un poncif relève du génie, sa répétition elle, s'en éloigne facilement. Un an et demi s'est écoulé depuis la sortie de Ruun, bizarrement j'ai l'impression que cela fait moins longtemps, et voilà déjà un nouvel album d'ENSLAVED. Il se pourrait bien que Vertebrae soit le dernier album d'ENSLAVED qui soit chroniqué dans ces colonnes, tant ce à quoi nous avons à faire est loin du monde du Black Metal. Ici, on se déplace plutôt dans le monde du metal extrême progressif (comprendre influences rock progressif, 70's etc), une affaire qui a plutôt bien réussi à OPETH, même si ce n'est pas comparable et que ce n'est pas le sujet. Vertebrae est loin d'être un mauvais album, il est très bien composé, prouvant à qui oserait en douter les talents de compositeurs de Grutle et Ivar. Alors, sont-ils meilleurs dans le rôle de compositeurs de black des 90's ou de metal extrême progressif des années 2000 ? Qui sera le prochain candidat du PS aux élections présidentielles ? Autant de questions insolubles propres à alimenter les insupportables sites de U.G.C (user generated content) à coups de commentaires orgueilleux et de réponses furibondes, chacun persuadé de détenir la vérité et le monopole du bon goût (musical). Inutile de vous faire une liste de ces sites, vous les connaissez sûrement bien mieux que moi ! Mais je m'égare, revenons à Vertebrae. Quel est le concept qui se cache derrière ce nom énigmatique et mystérieux ? Ne me dites pas que c'est un concept viking, j'aurais bien du mal à y croire... A vrai dire, ce n'est même pas sûr que j'aie envie de connaître le concept derrière tout ça, l'ambiance ne me donne pas vraiment envie de me pencher sur un quelconque concept. J'ai adoré l'évolution d'ENSLAVED, et bizarrement peut-être, avec Isa, et dans une moindre mesure Ruun, j'arrivais encore à y croire. Aujourd'hui je crois que je préfère, à l'écoute de Vertebrae, me dire que les membres d'ENSLAVED, ce sont des mecs avec des coupes au bol à la Steven Wilson, qu'ils sont anglais et portent des lunettes rondes aux verres de couleurs. Et que sous LSD, ils ont composé Vertebrae dans un délire de couleurs. Autant cette image peut coller, pour moi, à un groupe comme OPETH, autant elle est incompatible avec l'idée que je me fais d'ENSLAVED, trop attachée peut être à la culture norvégienne. La musique est agréable, mais sans grande surprises. Les riffs sont réminiscents d'Isa et de Ruun, parfois à la limite du déjà entendu ; malgré tout, les soli de guitare sont appréciables. La production, elle, me laisse sur ma faim. Claire et bien adaptée au style, elle amène à l'ensemble une impression de mollesse vaporeuse propre à un trip sous anxiolytiques : on ne se sent pas plus bousculé par un riff de guitare que par un mellotron ou un choeur de voix claires. |














