LEVIATHAN (USA)
The Tenth Sublevel Of Suicide

Données

  1. Format : CD
  2. Genre : Black Metal avant-gardiste
  3. Concept : Psychologique
  4. Annee : 2003
  5. Label : Moribund Records
  6. Pays : Etats-Unis

Notes

  1. Travail Musical : 3/5
  2. Ambiance : 4/5
  3. Visuel : 3/5
  4. 45

Chronique par Cweorth
Fondé en 1998 par Wrest, Leviathan enchaîne les demos et cd-r au point d'accumuler plus d'une dizaine de sorties aujourd'hui, la plupart distribuées de façon très confidentielle. Une partie des ces titres se retrouve sur la double compilation Verräter, une autre se retrouve ici. Wrest compose seul et enregistre seul, chez lui, la substance de ses multiples efforts, et cette vie recluse explique sans doute la teneur raw et très dépressive de ce one man band. Et dès lors doit-on s'étonner de ressentir l'influence de Burzum, du vieux Burzum, sur cet album ? Burzum mais aussi d'autres groupes plus raw (mélange d'un black typiquement français et de black d'obédience "Xasthurienne" sur Mine Molten Armor). Aussi est-il stupide de réduire Leviathan à une pâle copie de tel ou tel groupe. D'autant que le style de Wrest est tout de même plus fouillé et développé que celui de Varg.
Se ressentent en outre des influences doomesque ou death/thrash, parfois dans un seul et même titre (At The Door To The Tenth Sub Level Of Suicide). Mais dans l'ensemble ce n'est pas sur le style musical pratiqué qu'il faut s'arrêter ici, mais bel et bien sur l'atmosphère, l'ambiance, ultra froide et triste (He Whom Shadows Move Towards). Haineuse aussi, mais dans une suite logique au désespoir qui plâne sur cette release. L'élément fondamental se trouve être la voix de Wrest, très impressionnante. Elle me fait penser à celle de Basilisk en plus lointaine et spectrale. D'ailleurs les deux groupes sont également assez proches niveau ambiance. Wrest est aussi maître dans l'utilisation de passages lents, parfois ambiants (vent, cloches, sons etc.), nombreux et éparpillés sur The Tenth Sub Level Of Suicide, conférant à la musique une profondeur et une intimité indéniables (The Bitter Emblem Of Dissolve ou encore Sardoniscorn par exemple), mais aussi en conséquence un mal-être certain. Mal-être amplifié par les guitares : les riffs sont maladifs, tourmentés et la basse gronde en arrière plan (l'excellent The Idiot Sun ou le dernier titre At The Door To The Tenth Sub Level Of Suicide par exemple). Et si le tout peut sonner de façon mélodique (The Bitter Emblem Of Dissolve), les parties plus haineuses ne sont jamais bien loin (Scenic Solitude And Leprosy).
En fait Leviathan n'est jamais aussi bon que dans le mid tempo, parce qu'avec la production assez harsh, les parties dysharmonieuses et chaotiques sont à la longue difficiles à supporter (l'album dure plus d'une heure). C'est le défaut majeur de cet album : le magnifique Submersed aurait pu clôturer cet album.
Du coup on a quelque chose de très bonne qualité mais un peu indigeste, d'autant plus que cet album manque d'aération. C'est peut être une qualité vu ce que cherche à véhiculer ce disque, mais l'écoute des titres du split avec Xasthur par exemple est encore plus convaincante sans pour autant perdre en efficacité.
Bref un bon album qui manque de peu l'excellence.
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