Himinbjorg n’est pas un de ces nouveaux groupes de la scène bm française, et pour cause, il s’agit ici de leur 6e véritable album depuis Where Ravens Fly, en 1998. Autant dire qu’ils n’ont guère chômé depuis la fin des années 1990, même si ce dernier album en date est loin d’être le meilleur, bien au contraire…
Avec cet album, on découvre à quel point le groupe a acquis de la maturité musicale dans son côté plus professionnel et soft. Non pas que cela soit une qualité, pas forcément, mais l’on doit constater que sur le point de vue de la forme, il y a eu quelques progrès, notamment au niveau de la technique (batterie notamment), de l’inspiration plus « metal classique » et de la production. Mais on peut reprocher un progrès trop important justement, car il a tendance à éloigner Himinbjorg de son côté bm, de ce qui faisait Himinbjorg... On reconnaît bien leur style sur les riffs et les longueurs teintées d’atmosphère stylée, mais c’est à peu près tout : le seul héritage d’un passé à présent révolu.
Avec ce nouvel album, le groupe conserve les structures d’autrefois, mais cette fois-ci les longueurs s’éternisent et les chœurs ne ressortent plus vraiment (ex : le début du 1er morceau après l’intro). Les voix claires ne sont guère plus crédibles…
Niveau construction musicale, il y a beaucoup à (re)dire : les longueurs que l’on a déjà évoquées, plus certaines grosses maladresses d’accélération du rythme peu pertinentes (ex : fin du morceau 3), des breaks assez maladroits, des essais de disto et de soli inutiles et une variété dans les structures quasi absente. D'ailleurs les structures ont tendance à se répéter d'un morceau à l'autre, disons un peu trop souvent.
Au niveau des compos, c’est la calme plat et à part quelques passages intéressants (ex : grâce aux riffs envolés sur la fin du 8e morceau), il est difficile de remarquer quelque chose !
Le grand point faible de cette œuvre est sans nul doute, avec le piètre intérêt des compos, le concept presque complètement ignoré musicalement : très difficile de percevoir quoi que ce soit à travers leur musique, en tout cas certainement pas le paganisme. L'ensemble semble tout à fait stérile, à part quelques courts passages, gratifiés de samples (ex : les bruits d’oiseaux au début du 6e morceau ou l’eau au milieu du 7e morceau). Même les riffs, arpèges, morceaux instrus et autres mélodies ne sont guère ensorcelants !
Sans intérêt donc : on ne se repose pas sur un nom…